Massif des ocres
Les ocres du bassin de Bédoin-Villes-Mormoiron
Une erreur s'est glissée en fin de vidéo : les tissus ne sont pas colorés par des pigments minéraux mais par des substances animales ou végétales.
Origine géologique des Demoiselles coiffées de Bédoin
Article du journal communal de Bédoin (Lou Passadou) d'octobre 2024, augmenté de compléments et de termes géologiques : lire l'article
Résumé de l'article :
Une demoiselle coiffée ou cheminée de fée est une colonne de roche plus ou moins friable, souvent évasée vers le bas et couverte d’un chapeau plus résistant à l’érosion.
La roche du site de Bédoin est un sable siliceux (quartz) partiellement consolidé par des argiles vertes. On y trouve aussi une argile en grains, de la taille des grains de sable, la glauconie, noir verdâtre.
Cette roche marine côtière s’est formée entre -110 et – 95 millions d’années. Elle a été structurée par les courants marins en couches inclinées (lamines) de un à quelques centimètres d’épaisseur.
Après émersion, l’eau de pluie s’infiltre dans le massif : la glauconie, fragile et riche en fer, commence par libérer celui-ci qui s’oxyde, donnant une couleur rouge à l’ensemble des sables. L’attaque de la glauconie s’arrête là : il n’y a donc pas formation d’ocre sur ce site. Par contre, l’eau dépose de la silice entre les grains de sable de certaines lamines. Ainsi consolidées, elles constitueront les chapeaux des Demoiselles.
Beaucoup plus tard, il y a seulement quelques centaines de milliers d’années, l’eau de pluie ravine la surface des sables. Arrivée aux lamines consolidées, elle les contourne et creuse entre celles-ci. Des chapeaux commencent à apparaître. Après avoir guidé le ruissellement, ceux-ci vont jouer un deuxième rôle, celui de protecteurs des colonnes contre la pluie. Les sables alentour, non protégés, sont, par contre, fortement ravinés, ce qui fait ressortir les Demoiselles. Néanmoins, les colonnes de celles-ci vont s’amincir et les chapeaux finiront par tomber : les Demoiselles de pierre sont donc mortelles.